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EDUQUER SON CHIOT
Afin d’avoir toutes les chances d’intégrer la vie de ses maîtres et celle de notre société dans les meilleures conditions, le chiot doit absolument faire certaines acquisitions avant l’âge de 6 mois. Si les deux premiers mois de vie du chiot incombent aux éleveurs, les maîtres ont le devoir de prendre le relais afin de favoriser le développement harmonieux du chiot.
Pour que celui-ci soit optimal, envisageons 3 axes :
1- Qu’est-ce qu’un chien ? Connaître les besoins, les différents stades de développement, les codes langagiers et hiérarchiques du chien permet non seulement de savoir comment pratiquer et pourquoi agir de la sorte mais surtout d’éviter de graves erreurs d’interprétation du comportement canin. L’incompréhension entre le chiot et sa famille humaine peut mener à une tension génératrice d’anxiété qui lui fait produire des réponses inadaptées : aboiements, comportement destructeur, agressivité, fugue etc…. Afin d’éviter les situations critiques, il est préférable que ce soit le maître qui ait le statut de chef de meute… Et pour ce faire mieux vaut connaître quelles sont les prérogatives d’un chef de meute si vous ne voulez pas que votre compagnon endosse ce rôle et régente votre vie (en aboyant pour demander sa gamelle, en grognant ou mordant l’invité qu’il ne veut pas voir entrer chez lui, ou votre compagnon qu’il ne veut pas voir dans son lit, en renversant la tasse que vous avez à la main pour exiger une caresse, en grattant ou mordant votre porte pour sortir… ces exemples peuvent malheureusement se décliner à l’infini !).
2- Comment l’éduquer ? A vous d’apprendre au nouveau membre de la famille la politesse : votre chien peut bien sur avoir des besoins et des envies mais il peut aussi apprendre à les formuler respectueusement : se tenir devant la porte pour demander à sortir, s’asseoir à coté de vous pour avoir une caresse… Dans tous les cas ne répondez pas immédiatement à sa demande et profitez de son envie pour le faire travailler : un petit exercice puis récompensez. Son dernier repas commence à être éloigné ? Il a certainement un petit creux, profitez-en par exemple pour travailler le rappel, la marche au pied… avec une croquette pour récompenser. Votre chiot, après s’être bien dépensé commence à être fatigué, profitez de sa torpeur pour lui apprendre à ne pas bouger… En bref, soyez attentif et opportuniste !
Dès son arrivée chez vous, il est nécessaire de valoriser (par une parole douce et apaisante, une caresse, ou une récompense gourmande) les comportements que vous attendez et de sanctionner (un « non » prononcé avec détermination et, si cela ne suffit pas à le décourager en l’attrapant par la peau du cou par exemple) ceux que vous réprouvez. Vous pouvez recevoir des conseils adaptés en vous inscrivant dans un club d’utilisation et nous vous conseillons d’avoir trouvé un bon club avant même l’arrivée du chiot. La conception "classique" avec des chiots mêlés à un groupe de chiens adultes en file indienne et s’asseyant au coup de klaxon n’est pas adaptée aux capacités physiques et aux besoins de jeu du chiot. C’est pourquoi il est préférable de se rendre sur place pour observer les méthodes, les résultats obtenus sur les chiots et les chiens présents dans le club. L’école du chiot, quand à elle, a pour but d’éveiller le chiot, de lui ouvrir l’esprit, de lui apprendre à supporter les stress qu’il subira dans son existence, de répondre correctement à quelques ordres simples en s’amusant avec son maître.
Qu’est-ce qui fait accourir les louveteaux au premier signal ? C’est la régurgitation d’aliment par la mère au retour de la chasse. Qu’est-ce qui les fait s’asseoir, se coucher, se mettre debout ou marcher correctement à ses côtés ? C’est l’attirance vers la commissure des lèvres de la mère. Une méthode fondée sur des connaissances éthologiques qui est loin de la théorie mécaniste de l’animal machine des stoïciens de l’Antiquité ou des cartésiens du XVIIe siècle. Lorsqu’on assiste à une séance de l’école du chiot, la première chose qui frappe c’est l’aspect ludique, les maîtres s’amusent autant que leurs chiots et adoptent un comportement positif fait uniquement de signaux de plaisir, sans contrainte.
Pour qu’un chiot coopère en étant relaxé, il ne doit y avoir aucune sensation désagréable. Le but est d’utiliser un comportement qu’il exécute spontanément et de le fixer en l’associant à un plaisir. A chaque fois on s’arrange pour que l’exécution soit à sa portée, une situation d’échec détruit l’exécution, une situation de réussite la renforce. Des chiots de 2 mois peuvent ainsi très vite acquérir une éducation de base, comme le rappel, la marche au pied, les positions assis, couché, debout, le rapport d’objet, etc… et ce, avec une exécution rapide, joyeuse et précise !
L’école du chiot ne néglige pas les autres aspects du développement comportemental : · on soumet le chiot progressivement à des stimulations nombreuses et variées qui vont solliciter tous ses sens afin que plus tard il soit à l’aise dans n’importe quel milieu. · on le manipule et lui fait connaître des individus différents (hommes, femmes, enfants, personnes déguisées ou dans des situations qui sortent de l’ordinaire). · on apprend au maître comment mettre en place une hiérarchie et comment réagir en cas de comportements inadaptés.
Cette méthode étant issue de l’observation des animaux à l’état sauvage, il faut comme chez les louveteaux, que la notion d’interdit apparaisse au jeune âge comme quelque chose d’évident et de naturel, sinon plus tard on en viendra à la véritable sanction. La socialisation aux humains et la mise en place de la hiérarchisation aux maîtres sont impératives dans l’existence quotidienne, le chien doit apprendre à respecter les dominants du groupe familial.
3- Comment être un bon chef ? Dans une meute, le chef dirige les principales activités. Il suffit qu’il se mette à bouger pour que les autres soient en état d’alerte, prêts à le suivre. Ses menaces sont davantage prises au sérieux, car il se montre beaucoup plus sûr de lui que les autres membres de la meute. Etre le chef, c’est moins une question de force physique que de force de caractère. Or, qui a du caractère sait se faire respecter et faire respecter ses prérogatives. Un grand nombre de personnes pense que la dominance se manifeste par des actes agressifs, or il n’en est rien : le chien dominant est celui qui obtient ce qu’il veut, qu’il utilise ou non l’agressivité pour l’obtenir. Pour diriger et comprendre les comportements du chien il faut voir les choses comme lui, connaître son langage, savoir ce qui l’attire ou ce qu’il peut craindre, pour être capable de penser comme lui. Il est nécessaire également d’être positif, croire dans l’élève et ses possibilités sans se laisser arrêter par des idées toutes faites et des préjugés concernant une race ou l’éducation canine. Il a été démontré que l’attente d’une personne à l’égard d’une autre personne ou d’un animal influençait grandement le comportement de ce dernier (effet Pygmalion). De plus, il est net que les exercices que le maître n’apprécie guère, soit parce qu’il les juge absurdes ou fastidieux, sont très mal réussis par le chien.
Quand vous avez décidé quelque chose, il faut que le chien sente dans votre attitude (voix, regard, posture…) que c'est important pour vous. Ce n'est pas la force qui va faire obéir votre chien, c'est votre détermination. La détermination, soit dit en passant, n’est pas un synonyme d’énervement, ni d’excitation, qui ont plutôt tendance à vous discréditer aux yeux de votre chien. Une analogie aux relations humaines permet d’illustrer facilement ceci : quel type de leader respectez-vous le plus, à quel type de personne êtes-vous le plus enclin à obéir ? Lorsque vous demandez à votre chien de faire quelque chose, vous devez invariablement être obéi. Bien sûr, il ne sert à rien de s’acharner à vouloir obtenir un rappel si vous n’avez pas pris le temps de lui expliquer que « Médor, viens » signifie qu’il doit revenir auprès de vous (un chien ne naît pas en sachant tout faire !). Par contre, une fois cet exercice compris par le chien, ne cédez jamais s’il n’obtempère pas car vous lui apprendriez à désobéir ! Il faut également être cohérent. Prenons à nouveau l’exemple du rappel : vous êtes excédé, le fameux Médor a mis 5 minutes avant de daigner revenir… Si vous le punissez à son retour, Médor aura encore moins envie de revenir la fois suivante, il faut donc prendre sur soi pour valider son retour en le félicitant… Autre exemple : comment votre chien peut-il comprendre qu’il ne faut plus monter sur le canapé si vous le lui avez autorisé quand il était petit ou quand vous aviez un vieux canapé ??? (Pour lui, tout ce qui ne lui a pas été interdit, est autorisé…) Généralement dans la famille, le chiot va rapidement se choisir un individu qu'il va considérer comme son chef. Ce n'est souvent pas celui qui est le plus permissif avec lui. C'est celui dont il sent le plus la détermination et la cohérence. Ne vous faîtes donc pas attendrir et n’hésitez pas à prendre une petite heure, avant l’arrivée de votre chiot, pour vous réunir en famille et noter tout ce qui sera interdit au chiot dès son arrivée. Lorsqu’il sera là, il ne sera plus temps de polémiquer, il faudra intervenir sur le fait.
Il est également fondamental d’expliquer aux enfants le comportement à adopter avec le futur arrivant qui n’est pas un nouveau jouet (il devra respecter son sommeil, lui interdire de le mordiller, de lui sauter dessus, ne pas jouer avec lui sans la surveillance d’un adulte capable d’expliquer les attitudes à adopter à l’égard du nouveau compagnon etc.) Accordez-vous également sur les ordres, principalement sur celui du rappel afin qu’il n’y ait pas de messages différents selon les personnes qui s’adressent au chiot (viens, au pied, ici…).
De votre investissement précoce dans la sociabilisation, l’apprentissage et l’éducation dépendra la qualité de votre relation avec votre futur compagnon.
Cette rubrique n’est en rien exhaustive, elle n’a pour but que de faire réfléchir le futur propriétaire et l’amener à se poser des questions sur l’éducation. Pour des connaissances et conseils plus précis, nous vous invitons à consulter notre rubrique bibliographie.
Merci aux propriétaires de Chutney, Coalan et Comète pour leurs jolies photos! |
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